Domaines de Vergy-Harlegnan



 
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 Funérailles

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MessageSujet: Re: Funérailles   Ven 7 Mar 2008 - 17:28

Le regard dans le vide, Mackx suivit le cercueil des yeux. Plusieurs frères s'étaient levés pour le porter, il resta à sa place.
La même petite voix qui lui avait dit de s'installer au fond de la chapelle lui disait de laisser à ceux qui l'avaient mieux connu l'honneur de le porter. Enfin, si honneur cela pouvait être de porter en terre un ami, un frère ...

Sa pupille prit alors la parole après l'invitation de l'officiant. Discours qui arracha plus d'une larme à l'assemblée.
Comme d'habitude, sa petite voix signala à Mackx qu'il serait déplacé d'aller parler, lui qui n'avait que trop peu connu Kratos se sentait un peu étranger à cette cérémonie et tentait inconsciemment de se cacher.
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Izarra
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MessageSujet: Re: Funérailles   Ven 7 Mar 2008 - 17:53

Elle avait suivi la cérémonie dans un état second, répétant machinalement les paroles de Florent sans vraiment en pénétrer le sens... S'était levée comme une automate pour déposer la croix sur le cercueil puis avait regagné sa place, hébétée...

Laissons maintenant ceux qui l’on connu parler de lui.

Le coeur qui manque un battement. Elle devrait se lever... Elle devrait prendre la parole, c'est son rôle... Mais que dire? Comment mettre des mots sur une peine aux si multiples visages? Comment dire le combattant hors pair, le politicien tenace, le bourreau de travail? Comment dire l'époux aimant, le père attentif, le maître généreux? Comment évoquer les épreuves partagées, les joies multipliées par la présence de l'autre, les deuils supportés parce qu'il était là, toujours là, solide, immuable, un roc sur lequel s'appuyer...

Et au fond d'elle-même la douleur qui la vrille physiquement, qui lui retourne les entrailles et fait battre plus vite, trop vite, le sang à ses tempes... Comment pourrait-elle nommer l'innommable? Comment donner voix au vide béant laissé dans sa chair par la perte de l'aimé, de l'amant, de l'autre moitié d'elle-même... Comment évoquer en un tel lieu le délire des sens qui la saisissait dès qu'il approchait, le tourbillon d'émotions et de désir que le simple contact de ses mains faisait naître en elle...

Avec un gémissement sourd et douloureux, elle dut s'avouer qu'elle n'aurait pas la force, pas le courage d'intervenir.

Et releva brusquement la tête, stupéfaite d'entendre s'élever la voix d'Aélis... Elle regarda sa fille comme si elle la découvrait pour la première fois, ébahie de la force et de la maturité de cette petite fille menue qu'elle considérait encore comme une enfant. Se reprochant sa lâcheté en la voyant fondre en larmes, elle retrouva pour elle la force de se lever et de gagner à son tour le choeur.

S'agenouillant devant sa courageuse enfant, elle la serra contre son coeur, indifférente au spectacle qu'elles devaient offrir en ce moment. Puis elle se releva, le bras passé autour des épaules d'Aélis, et prit à son tour la parole d'une voix rauque, voilée par l'émotion.


Amis, à vous qui êtes venus ce jour nous offrir votre soutien et rendre honneur à Raphaël, à vous je l'avouerai sans détour: je n'ai pas le courage de mon enfant et serais incapable de parler de lui aujourd'hui. Je sais que nul d'entre vous n'y verra signe de désaffection ou d'indifférence de ma part. A celui qui fut mon soutien et ma lumière pendant tant d'années, je ne puis aujourd'hui offrir que mes larmes...
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MessageSujet: Re: Funérailles   Ven 7 Mar 2008 - 18:04

Sur un signe de la tête de la rousse, Caturix et ses compagnons levèrent le cercueil et le mirent sur leur épaule. Vint ensuite la marche vers l'autel de la chapelle... lentement... très lentement.... trop lentement....Bizarrement, le normand aurait préféré que ça avance nettement plus vite même si sa jambe n'aurait pu suivre la cadence car il fallait supporter tous les regards qui se tournait vers le cercueil et Caturix au fur et à mesure que le groupe avançait vers le caveau, retenait avec de plus en plus de mal une grimace qui en disait long sur la souffrance qui lui infligeait la blessure physique.

En effet, s'efforçant de ne point trop claudiquer pendant le portage le baron devait donc au delà du fait de la souffrance morale de la perte d'un frère d'armes supporter une douleur qui grandissait d'autant plus qu'il ne la laissait s'exprimer d'un boitage qui n'aurait pas été du meilleur effet pour la marche vers le caveau. C'est donc avec un certain soulagement qu'il vit le cercueil arriver devant le prêtre et la rousse d'un signe de tête leur demander de le poser dans le fameux caveau.

Ceci fait Caturix et ses compagnons s'en retournèrent sur leur banc, la transpiration montant de plus en plus sur le visage du normand en meme temps qu'il reprenait une marche plus adaptée à sa situation. Il s'assit comme une masse et ne bougea plus de la cérémonie, écoutant tout d'abord la fille puis la femme de Kratos parler chacune à leur tour.... le normand essayant d'oublier sa douleur en les écoutant du mieux qu'il pouvait...
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toucoul

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MessageSujet: Re: Funérailles   Ven 7 Mar 2008 - 18:58

Le Mulet Blanc se lève en voyant la détresse de sa plus ancienne amie.

Izarra, pleure vu que le besoin s’en fait sentir, ne te retiens pas. Laisse sortir cette tristesse qui t’étreint. Ce lieu est propice pour apaiser la détresse des hommes. Aristote te regarde et sa mansuétude emplit cette chapelle que tu connais si bien.
Mais Izarra…….

Toucoul marque un temps d’arrêt avant de reprendre.

Izarra, garde en souvenirs que ton époux a vécu une vie magnifique, une vie pleine de moments fantastiques, de rencontres inoubliables : une vie de seigneur.
Maintenant il repose fièrement, assis aux côtés de ses ancêtres, de ceux qui comme lui sont tombés les armes à la main.
Pleure ma belle amie mais soit fière. Tu es l’épouse d’un homme pour qui les mots Honneur, Bravoure et Fidélité avaient un sens. Ces mots, galvaudés par beaucoup en notre beau Royaume, étaient poussés à leur paroxysme durant toute la vie du Commandeur. Il a prouvé par ses actes que l’on peut être un homme de foi. Pas de cette foi qui sied en ces lieux mais de la sienne. Celle de l’amitié fidèle, celle où l’on tient ses engagements.
Pleure ma belle car il le faut. Mais après que ton visage redevienne radieux en te souvenant. Tu as vécu auprès d’un Grand. Il ne pouvait en être autrement vu ta prestance et ton aura.
Le passage vers l‘au delà n’est pas une fin pour des hommes tel que lui mais juste un renouveau. Il est mort comme il a existé les armes à la main en ne défendant pas cette fois un idéal ou la royauté mais un être cher.
Je suis persuadé ma tendre Iza qu’il regarde ceux qui lui sont chers en souriant, trônant tel un brave parmi les braves. Il est à sa place et je l’envie. Je peux fièrement dire maintenant que je connais une légende car Kratos en est une.

Le Comte de Melle, fatigué de voir partir avant lui ceux qu’il respecte, se rassoit la tête basse, les souvenirs pleins la tête.
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MessageSujet: Re: Funérailles   Ven 7 Mar 2008 - 21:45

Ils étaient donc six à porter le cercueil. Celui-ci n'était pas peu lourd, mais la répartition du poids fit qu'il s'avéra 'soulevable', et transportable ; lentement, les Licorne avancèrent jusqu'à la sépulture, qui se trouvait à l'opposé de l'endroit d'où ils partirent. Cerridween ouvrirait la marche, et deux enfants la fermeraient ; déjà conforme au souhait du commandeur de se voir porter par des membres de l'ordre, il prenait plus de valeur avec ces trois personnes. Et ils se mirent en route, marchant lentement. Benjamin remarqua que Zalina s'était levée au passage de ses frères ; il eut une pensée émue pour elle, qui voyait partir tant de personnes qui lui étaient chères. Puis vint le temps de déposer la caisse de bois dans le caveau. Dernier contact, si singulier soit-il, avec ledit Raphaël de Vergy ; dernier adieu, aussi. Cela fait, Benjamin rejoignit, avec les autres, l'assemblée ; il avait le visage sombre, la tête relevée, mais les yeux baissés. Le discours de la fille d'Izarra fit naître un flot d'émotion dans les rangs des personnes réunies dans la chapelle, flot qui toucha aussi Benjamin, qui ne put que songer à sa fille en cet instant, se demandant où elle était, ce qu'elle devenait... L'instant était dur, car se mêlaient dans l'esprit de Benjamin deux tragédies : celle de cet enterrement, et celle de la séparation du vicomte avec sa fille, vécue plusieurs années auparavant, alors qu'il n'était pas même baron.

Son esprit s'égarait, il n'écoutait plus les intervenants, s'étant arrêté à la courte, mais néanmoins émouvante, prise de parole de la femme du défunt, que Benjamin ne parvenait à nommer veuve.
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MessageSujet: Re: Funérailles   Ven 7 Mar 2008 - 22:13

Réflexion... Pourquoi était-il parti si tôt? Qu'avait-il fait, ou pas fait, pour quitter ce monde dans la fleur de l'âge?

Nith était perdu dans ses pensées, à croire que l'ambiance funeste qui régnait le faisait retourner dans ses mauvaises habitudes: ruminations, introspections, interrogations... Voilà bien une chose qu'il n'appréciait pas: le fait de ne pas comprendre. Et il avait beau retourner le problème dans tous les sens, il n'arrivait à rien d'autre à part le mettre devant le fait accompli, immuable dans sa réalité: il n'aurait plus la "chance" de profiter du caractère prononcé de Kratos... Trop de morts, trop de perte parmi les rangs de la Licorne. Mais pourquoi le sort s'acharner sur cet Ordre? Il n'était pas dupe, jamais il ne réussirait à répondre à cette question, et puis après tout, qui il était pour s'imaginer comprendre les plans du Grand Architecte...

L'officiant avait annoncé quelque chose, mais le Cavalier n'était pas vraiment dans son assiette, trop absorbé dans les méandres de son esprit. Il ne comprit que trop tard finalement ce qu'il avait demandé quand il vit plusieurs de ses Frères se lever pour porter le cercueil. Il était trop tard maintenant pour se proposer... Rhalala, celui lui apprendra à ne pas rester suffisamment alerte. Ils étaient maintenant assez nombreux pour ce rôle. Mais peut être en était-il mieux ainsi: honte à lui, mais il ne sentait pas près à se trouver aussi près d'un... d'un quoi au juste? Non, il ne devait pas y penser...

Il écouta avec attention la suite de la cérémonie: d'abord le prélat... Nith ne put s'empêcher de se poser des questions... Bien qu'il soit aristotélicien, il se demandait si tout cela était vraiment utile. Non, il ne devait pas penser ce genre de chose, c'était indigne...

Puis vint les témoignages des proches du trépassé... Moment émouvant, chargé d'une grande tristesse. Un léger malaise pesa sur l'estomac du jeune homme lorsqu'il entendit leur hôtesse prendre la parole: il se sentait mal à l'aise, inconvenant. Il comprenait bien pourquoi il lui était difficile d'en parler. Mais d'ailleurs, il trouvait qu'il était un peu déplacé de demander à la veuve d'exposer ainsi sa peine...

Un petit homme prit la parole: il ne le connaissait pas, mais ses mots le touchèrent: il avait trouvé les justes paroles que le jeune Normand ne pouvait qu'approuver...
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MessageSujet: Re: Funérailles   Ven 7 Mar 2008 - 23:00

Après avoir déposé avec douceur le cercueil, le Vicomte retourna s'assoir à sa place. La tension était toujours palpable...

Bellabre écouta avec attention le récit larmoyant de la fille de Kratos, qu'il ne connaissait pas. Les paroles de la jeune damoiselle n'était pas de son age. A priori beaucoup s'en rendaient compte... La mère en pleurait...

Puis ce fut au tour de cette dernière. Nul doute, courage coulait dans les veines de cette famille. Les pleurs n'étaient qu'une expression du corps... l'âme elle résistait.

Vint le tour d'un homme qu'il connaissait uniquement de réputation, pour être un orateur avertit... mot subtil signifiant grande gueule. Il réconfortait la famille.

Cerri avait demandé a ce que le Vicomte s'exprime. Il avait tout d'abord refusé. Puis avait consentit a dire quelques mots...

Il se leva donc, et s'avanca.

Sa voix, résonna sous les voutes:


-Je ne serais pas bien long je vous le promet, je sais a quel point vous aimez mes interventions... fit il pour décrisper la tension... dans ca tête il hurla *pardonne moi Commandeur mais je n'allais pas les laisser pleurer!* Je ne vais pas vous raconter comment fut sa vie, ni sa mort... Juste ce qu'il restera.
Si vous avez déja vu les montagnes, vous savez qu'elles resteront là alors que vous ne serez que poussières, et que vos enfants, vos petits enfants etc... Kratos est une montagne.
Si vous avez déjà vu une forêt, vous savez quelle s'étend à l'infinie et que vous avez beau regarder au loin vous ne voyez qu'elle. Kratos était une forêt dans son omniprésence.
Si vous avez déja vu l'océan, vous savez qu'il est insondable et que vous auriez beau empiler toutes les pierres de la terre, vous ne le remplirait pas. Kratos était un océan, sa sagesse était insondable.
Si vous avez déja vu un orage, vous savez qu'il éclatera et que les éclairs déchireront le ciel. Kratos était un orage quand vous le courouciez.
Si vous avez déja vu un ours mal léché au reveil, vous avez vu Kratos au réveil.
Kratos est mort en brave, il a défendu sa soeur et en cela il est symbole de la Chevalerie, inspirez vous en, dans chaque instant. Il était aussi soldat, il n'a pas toujours commis des choses louables, mais elles étaient nécéssaires et il ne faut pas en tirer honte et défendre sa mémoire.
Réjouissez vous, Kratos n'est plus, il est enfin en paix et n'a plus a batailler. Pleurez, Kratos n'est plus, il nous a quitté et il nous manque.


Ayant fini cette oraison on ne peut plus inhabituelle, il se rassit.
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MessageSujet: Re: Funérailles   Ven 7 Mar 2008 - 23:53

La Duchesse rouvrit ses paupières… La cérémonie continuait… D’un revers de la main, elle sécha les larmes qui coulèrent sur ses joues. Son cœur se serra, quand la fille adoptive de Raphael prit la parole… Comment une si jeune enfant pouvait elle avoir une telle maturité d’esprit ? Elle avait la trempe de son père … vraiment…

Vint le tour d’Izarra… On voyait que la douleur de perdre son âme sœur la submergea au plus haut point… Elle ne pouvait exprimer son ressenti… C’était fort compréhensible. Alcalnn avait exprimé au mieux quant à lui, ce que pouvait représentait le commandeur, du moins, cela concordait avec l’image qu’elle tenait à garder de ce grand homme.
Elle remarqua un petit garçon … Etrange ressemblance avec le défunt, même troublante…

L’escuyère comprit rapidement que de part leur engagement, chacun d’entre eux serait ammené à voir la mort de près, de trop près… Dure réalité, perdre des gens chers n’est pas chose aisée.
Pourtant son choix était fait, indéniablement, et elle ne reculerait jamais…

Une succession de souvenirs passèrent encore et toujours en son esprit, l’ambiance feutrée et ce silence funèbre l’etourdirent quelque peu… Il fallait tenir bon, resister… L’air lui manqua, elle prend une grande inspiration, et ne porte pas les yeux vers le cercueil…Envie d’hurler soudainement… Hurler… contre la mort, contre celle qu’elle croisait…Celle qui lui avait tant pris jusqu'à présent...
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MessageSujet: Re: Funérailles   Dim 9 Mar 2008 - 15:01

Le cercueil avait été hissé sur les épaules des Six qui avançaient tous vers l'officiant. Chacun de leurs pas résonnait dans la tête du Flamand comme le rappel de tout ce qu'avait pu faire Kratos. Pied droit, la question de Bretagne, pied gauche, un blason complété, pied droit la direction des branches... Et cela sans arrêt... Et Flamand qui ne veut pas arriver au bout de ce voyage. Ne pas quitter ce frère même mort, ne pas se dire qu'il ne le reverra plus... Réflexe stupide que de vouloir le garder, même cadavre, à ses côtés... Ce qu'il n'eut à faire pour les précédents, disparu sur les falaises normandes, percé de coups en terre comtale, reposant déjà en une chappelle qui le vit verser une de ses rares larmes, il doit le faire pour celui qui fut "Licorne". Mais, enfin, il rejoint le terme de sa marche, laisse, résigné, le corps descendre vers le sol et, sans dire un mot, les yeux baissés vers le sol, il regagne sa place, plongé dans les souvenirs qui s'amoncellent dans son esprit.

Entendre ensuite l'appel de la duchesse, écho de la demande entendue plus tôt en l'entrée du castel. Se dire que c'est lui qu'on attend, qu'il n'a pas à se défiler, pas une fois de plus... Mais se faire prendre de vitesse par d'autres, les écouter, clore ses yeux pourne pas laisser l'air frais lui soutirer son tribut de larmes... à moins qu'au froid se joigne la tristesse... Mais résister à cette tentation... Et se lever, lentement, en décomposant les mouvements avant que de rejoindre l'endroit réservé aux orateurs.

Saluer le templier, tout d'abord, puis se retourner et faire face à l'assemblée, et commencer, enfin:
"Gentes dames et seigneurs, nobles et roturiers, tous amies ou amis de cet homme... Je ne sais si ce que je vais dire est de circonstance, ou réellement original, tant ce qui a été dit lui rend déjà justice. Mais je ne peux le laisser faire son dernier voyage sans vous livrer, à vous qui l'avez connu, apprécié et aimé, ce que moi, j'ai rencontré chez cet homme qui nous quitte... Chez Kratos, j'ai rencontré l'amitié. De celle qui naît, sans prévenir, au détour d'une conversation, d'une marche de garde, d'une bataille engagée. De celle qui demeure de ce jour au dernier, au-dessus de toutes les vicissitudes de l'existence, qui s'en renforce sans demander quoi que ce soit en échange. De celle sur laquelle on sait toujours pouvoir compter.
Chez Kratos, j'ai rencontré l'honneur. Le respect de cette parole donnée, le sacrifice total pour un serment, cet honneur que l'on dit disparu mais qui chez lui trouva un nouveau souffle, non, jamais il n'en a manqué.
Chez cet ami, j'ai trouvé un conseiller, un de ceux qui jamais ne craint de dire ce qui est, un de ceux qui défendent leur point de vue car ils le savent juste, et avec qui le débat est possible. Ryes résonne encore de nos conversations menées jusqu'aux petites heures...
Chez Kratos, enfin, j'ai trouvé un modèle. Chevalier tant par la force que par la réflexion, par l'implication tant que par la détermination, par l'amitié tant que par la fidélité.
Et, aujourd'hui, je n'ai qu'une chose à lui dire, Raphaël, Kratos, où que tu sois, où que tu sois en train de retrouver nos anciens amis, sache que, toujours, je fus fier d'être ton ami et que aujourd'hui, je n'ai qu'une chose à te dire... Merci."

Et sur ces paroles, il reprit place, emmuré dans ses souvenirs, les larmes commençant à se présenter au rebord de ses paupières...
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MessageSujet: Re: Funérailles   Mar 11 Mar 2008 - 18:22

Que cette cérémonie était triste, dure et sans fin Domfront avait porté le cerceuil de son ami jusqu'au caveau évitant les regards pleins de larmes des gens de l'assemblée. Chaque pas était un peu plus dur au fur et à mesure qu'il approchait de la denière demeure de son ami. Morfy aurait cru ses bottes lestés d'un chaudron de plomb tellement chaque pas lui coutait, mais c'est son coeur qui se faisait un peu plus lourd et le clouait presque au sol.

Ne pas faillir, être digne de Kratos, être digne dans l'attitude comme l'avait toujours été le feu Vergy. Le funèbre cortège s'immobilise et le bruit léger des talons d'une rousse qui fait volte face se fait entendre, sa voix est fébrile mais résonne tellement le silence est grand, presque abyssal. Injonction de déposer le cerceuil dans le caveau, les traits du blond se décomposent sous l'effort pourrait on croire, mais il n'en est rien chaque fraction de seconde peut être la dernière où son regard pourra se poser sur son ami, si noble même dans la mort.

Voilà qui est fait, les six hommes se retirent et Darkam poursuit la cérémonie, les frères qui portaient le cercueil n'ont pas échangé un regard surement trop affecté pour cela. Morfy a gagné un banc dans les premières allées. L'officiant invite ceux qui le souhaitent à dire quelques mots pour le mort, Morfy en aurait des millions mais aucun ne semble vouloir sortir de son coeur, ils s'y terrent comme des fuyards appeurés.

Emouvant hommage de sa fille d'abord, si frêle, si jeune et pourtant les mots sont justes. Suit Bellabre qui a sa façon exprime toute la peine contenue en son coeur, puis le Grand Maistre qui ne tarissant pas d'éloges tenait à remercier le "Grand" Kratos une dernière fois.

Alors que les jambes du Duc tremblent un peu, et que sa gorge semble nouée comme la corde d'un pendu, il se lève sans trop savoir pourquoi... Trop de douleurs pour ne rien dire visiblement... puisse son vieux frère l'entendre de là haut.

Un simple signe de tête pour le prêtre, un coup d'oeil sur le caveau, des larmes qu'il retient... il se tourne vers l'assemblée mais ne son regard se perd sur ses bottes, il n'a pas la force d'affronter toutes ces mines déconfites.


Kratos, mon ami... comment te dire tous mes sentiments d'amitié et de gratitude.

Aujourd'hui le courage, la noblesse, la bonté sont trois mots qui perdent un peu de leur sens car tu t'en vas...

Tu seras à jamais un modèle pour nous tous et surtout pour moi...

Si la distance bien souvent nous séparais l'amitié sincère et le respect que je porte à toujours garder la vivacité de nos premiers instants.

Va en paix car nul autre ne le mérite plus que toi...

Je t'aime comme un frère.


Une dernière phrase qui s'éteint juste après son premier mot à peine audible si ce n'est pour Darkam et les deux premiers rangs pour peu que les oreilles furent attentives.

Juste un regard pour la famille du défunt, la joue du pale Varenne semble marqué d'un trait humide dernière trace d'une larme qui aurait coulé en secret.

Morfy regagne le banc et se terre dans un profond recueillement.
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darkam



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MessageSujet: Re: Funérailles   Lun 17 Mar 2008 - 20:12

Le chapelain avait écouté avec attention les témoignages, reconnaissant la justesse des paroles qui avaient tour à tour souligné toutes les qualités du défunt, de son cousin.

Il laissa passer un long temps de silence après la dernière intervention, comme s'il ne se résolvait pas à achever cette cérémonie, à admettre définitivement la disparition de Kratos.

Mais enfin, il fallait le faire. Aussi reprit-il la parole.


Mes soeurs, mes frères, il est temps pour nous maintenant d'offrir à Kratos le dernier des signes: le signe d'adieu.

Avec respect et affection, confions-le à Dieu dans l'espérance de nous retrouver un jour auprès de Lui.

Baissant légèrement la tête, Florent laissa passer encore un instant de silence, de recueillement.

Avec tous ceux qui nous ont précédés et qui vivent déjà auprès du Seigneur, avec l'immense cortège des saints, nous souhaitons un bon dernier voyage à son enveloppe charnelle. Nous allons maintenant confier à la terre le corps de notre frère.

Le moment est venu de lui dire "à Dieu".
C'est un moment de tristesse, mais il faut que l'espérance reste forte en nous. Car nous espérons revoir Kratos quand Dieu nous réunira, dans la joie de son Royaume.
Recueillons-nous en pensant à tout ce que nous avons vécu avec Kratos, à ca qu'il est pour nous, à ce qu'il est pour Dieu.

Attrapant seau et goupillon, il s'approcha de la fosse, le coeur serré, et aspergea le cercueil d'eau bénite en psalmodiant:.

"Cette eau, souvenir de ton baptême,
nous rappelle que Dieu a fait de toi son enfant.
Qu'il te reçoive aujourd'hui dans sa Paix !"


Deux pas en arrière tandis que deux solides gaillards des terres de Beaumont s'occupaient de resceller le caveau... Puisse celui-ci ne pas se rouvrir de sitôt....

La lourde dalle une fois en place, la cérémonie achevée, il regarda sa famille avec affection, échangeant les traits de chapelain contre ceux de cousin.


Mes amis, nous avons ici rendu, de tout notre coeur et de toute notre affection, les derniers honneurs à Kratos. Mais nous n'oublions et n'oublierons pas les vivants. Moi le premier, je tiens à rappeler, si besoin est, à ma cousine, à ses enfants, à sa famille, qu'ils pourront toujours compter sur mon soutien.
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Gregory de festigny

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MessageSujet: Re: Funérailles   Ven 21 Mar 2008 - 2:25

Dernier signe, Derniers mots, Dernière bénédiction...
Florent oeuvrait avec grand respect du Dogme et faisait partager à tous une sereine présence d'amitié...
GRIFFES se signa et prononça quelques mots en Grec en hommage au Très-Haut qui allait accueilir Messire KRATOS à ses cotés dans le Paradis Solaire.

En silence, il alla rejoindre la jeune veuve pour lui présenter ses condoléances... un noeud à la gorge, il garda le sourire en soutien à Izarra...


Mon amie, la peine et la souffrance sont des épreuves que le Très-Haut nous impose pour marquer notre imperfection humaine. Le Très-Haut n'est que bonté et il a fait de nous ses enfants. L'Amour est le don qu'il nous offert, par delà le doute. Cet Amour est là, présent, à chaque endroit, autour de toi. Famille, proches et amis en sommes les témoins.

Prenant la main d'Izarra avec grand respect

Mon amie, recevez mes plus sincères condoléances.
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MessageSujet: Re: Funérailles   Dim 23 Mar 2008 - 19:23

Zalina suivait la cérémonie en silence. Ne pas pleurer, ne pas s’emporter…
Pourtant, une envie de se lever et de quitter cette Chapelle pour simplement ne pas reconnaître que le Commandeur Tête de Mule ne reviendrait pas lui vrillait l’estomac. Il fallait pourtant qu’elle finisse par l’admettre. Lui aussi était parti pour toujours.
Lui aussi lui refusait cette revanche au duel. Lui aussi ne reviendra plus. Un de plus sur la liste déjà trop longue pour la jeune fille.

Elle écouta les derniers témoignages.
Pas de larme cette fois. Sa colère avait prit le pas sur la tristesse et même les mots de Guillaume n’y changèrent rien. Juste une colère qui la faisait étouffer. Encore quelques minutes et elle pourrait quitter la Chapelle… tenir encore quelques minutes en cherchant son souffle.
Mais croiser le regard de la famille de Raphaël, elle ne le pouvait pas. C’était au dessus de ses forces.
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Izarra
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MessageSujet: Re: Funérailles   Mar 25 Mar 2008 - 14:02

La veuve serra doucement la main de l'évêque de Cahors, touchée de son soutien

Merci mon ami, merci pour tout.

Un dernier regard à la lourde dalle qui avait scellé le caveau de son époux, et dont le bruit en retombant avait sinistrement résonné jusqu'au tréfonds de son âme. Une dernière prière pour celui qu'elle avait tant aimé. Puis, sortant enfin de l'état second dans lequel elle avait passé quasiment toute la cérémonie, elle reporta son regard sur l'assistance, amis, familles, dont aucun n'avait hésité à faire le déplacement pour les soutenir aujourd'hui, pour honorer la mémoire de Kratos. Il était temps de les "libérer".

Mes amis, les mots me paraissent bien pauvres aujourd'hui pour vous exprimer ma gratitude. Merci. Merci à tous et à toutes d'être venus, d'avoir été présents ce jour. Cette marque d'affection me touche beaucoup, et je suis sûre qu'elle touche également Raphaël là où il se trouve... Même si cette tête de mule n'accepterait jamais de le reconnaître!

Un sourire, oh, bien léger, mais un sourire tout de même: tous ceux qui l'ont connu savent à quel point ladite tête de mule était douée pour cacher émotions et sentiments.

Je ne veux pas abuser de votre gentillesse et vous retenir plus longtemps mes amis. Néanmoins si certains d'entre vous souhaitent se restaurer avant de reprendre la route, une collation va être organisée au château.

Enfin, sachez tous que même si Kratos n'est plus, la porte de cette demeure vous reste à jamais grande ouverte.

Temps maintenant de descendre la nef, d'aller attendre sur le parvis de la chapelle pour recevoir les condoléances si certains souhaitent les formaliser.
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Lysesl

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MessageSujet: Re: Funérailles   Mar 25 Mar 2008 - 15:13

Restée à l'arrière pendant tout ce temps, voilà que Lys se retrouvait parmi les premières à sortir.

Prenant son courage à deux mains, elle se dirigea vers la veuve.
"Veuve"... un mot qu'elle détestait.
Elle la comprenait si bien...
Ars... Pourquoi ?

C'est donc les yeux humides et la voix chargée d'émotion que Lys s'adressa à Izarra.


Dame Izarra, je... La voix lui manquait.
Il n'y a pas de mots pour effacer la peine, la douleur. Mais sachez que je la partage.
Bon courage à vous et à toute votre famille.

Incapable d'en dire plus, Lys se dirigea vers la sortie. Elle avait grandement besoin de s'entourer de ses enfants.
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Izarra
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MessageSujet: Re: Funérailles   Mer 26 Mar 2008 - 22:51

Lys. La première à s'approcher. A trouver les mots. Bien sûr qu'elle savait elle aussi, elle lui avait dit pour Ars... Prenant doucement la main de l'autre...veuve, puisque veuves elles étaient désormais, dans la sienne, elle la serra doucement en répondant.

Merci ma dame. Du fond du coeur merci. Et surtout n'hésitez pas, si un jour vous avez besoin d'aide, ou simplement envie de parler... Vous connaissez le chemin de Beaumont...

Lueur de reconnaissance dans les yeux tandis que la jeune femme s'éloigne. La vie décidément, ne s'attendrit pas avec les années.
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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 27 Mar 2008 - 15:17

Dernières paroles d'une cérémonie trop triste, le ton est donné, il faut le laisser dormir désormais. Dormir pour l'éternité dans son caveau de pierre, pas intérêt à être frileux là-dessous ...
Le poitevin se leva, comme s'échappant d'un rêve, un rêve éveillé, et s'approcha de la maîtresse des lieux à la suite d'une dame qu'il ne connaissait point.


Dame Izarra, pardonnez-moi d'avance, je n'ai pas l'habitude ... mais ... sachez que j'admirais votre époux pour ce qu'il représentait pour un jeune licorneux comme moi et que si vous avez besoin de quoi que ce soit, je me ferai un honneur de vous aider si nécessaire.
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MessageSujet: Re: Funérailles   Dim 30 Mar 2008 - 0:43

Le défilé des condoléances commençait. Il fallait pourtant qu'elle y passe elle aussi.
La jeune fille se leva et fit un détour par la désormais tombe du Commandeur. Déposer une bouteille de Calva ? Lui dire merci pour le duel et tout le reste ? Non, juste un murmure.


A très vite, Commandeur. A très très vite.

Elle effleura la dalle fermant le caveau puis elle prit la route de la sortie. Passage obligé devant la veuve.
Elle prit une profonde inspiration à quelques pas du parvis et laissa Mackx présenter ses condoléances. Toujours tête baissée, elle finit par parcourir la courte distance qui la séparait encore de l'extérieur.
Et une fois devant Izarra... quoi lui dire ? Comme elle l'avait dit, les mots sont bien pauvres en ce jour. Aucun ne rendrait cette épreuve moins douloureuse, aucun ne lui rendrait le sourire, aucun ne lui ramènerait son époux, leur père, leur ami, leur Commandeur.

Encore un pas et elle fut au niveau de la Duchesse. Trouver une phrase bateau ? Ou ne rien dire du tout, puisqu'il n'y avait rien à dire.


Dame Izarra...

Seuls mots qui sortirent de la bouche de la Cavalière qui avait enfin desserré un peu les dents. Accompagnés d'une inclinaison de la tête et la jeune fille avait poursuivi son chemin. Elle avait réussi à repartir sans croiser le regard de la famille, sans verser une nouvelle larme. Pas cette fois, plus en public. Tout garder à l'intérieur jusqu'à ce que ce tout explose et la tue enfin.
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