Domaines de Vergy-Harlegnan



 
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 Funérailles

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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 1:29

Les derniers arrivants avaient pris place, tous avaient l'air effondrés. Mackx avait remarqué cela durant son intronisation, il y a peu, pas mal de membres de l'ordre qui à son entrée respiraient la joie de vivre s'étaient plus ou moins décomposés devant les difficultés et les épreuves. Il y avait Cerri, Engue, Zaza, mais aussi Totox, Nith. Tous marqués par Vendôme la maudite, et les décès licorneux.

Le chapelain entra, digne, le silence se fit. Il entama alors une prière pour l'âme de Kratos.
Mackx rentra dans ses pensées, priant en lui-même en se remémorant les quelques souvenirs du défunt ainsi que tous ceux qui se rattachaient à la Licorne. Même si Aristote n'était pas de la partie, sa prière fit du bien à l'écuyer, on a pas toujours besoin de lui pour faire la paix en soi ...
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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 1:50

Nith suivit donc la rousse vers la chapelle: waou, il y avait déjà bien du monde dans le bâtiment, et beaucoup de têtes connues en plus... Vite, il fallait prendre place alors que le prêtre débutait la cérémonie. Il était déjà en retard, ce n'était pas la peine non plus qu'il se fasse remarquer en interrompant la litanie cléricale...

Il s'installa sur un banc de manière à ne gêner personne, puis porta son regard sur la salle: marée de noir, marée de tristesse marquant tous les visages. Des proches, des frères, tous accusaient le poids de la perte d'un homme. Au premier rang, la veuve... Quel mot terrible pour désigner un état de fait. Il irait présenter ses condoléances plus tard.

Le prêtre entonna donc son discours ainsi que sa prière. Cela faisait combien de temps qu'il n'était pas aller dans une église? Combien de temps depuis qu'il n'avait pas prier, qu'il ne s'était pas confesser? La spiritualité lui semblait quelque peu déplacée en ces circonstances, en ces temps troublés, mais ainsi se déroulait les choses, auxquelles on ne pouvait déroger...

Il répéta, ou plutôt marmonna la prière récitée par le prêtre. Puisse-t-il avoir raison... Puissent ses paroles atteindre le Très Haut...
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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 9:02

La cérémonie avait enfin debuté… Akane n'avait pas remarqué l'arrivée du restant de ses frères, et avec eux, celui qu'elle chérissait. Elle écouta les paroles de l’homme de foi, restant le plus stoïque possible, ne voulant inquiéter personne … Mais dans son esprit, les images continuèrent à se bousculer les unes après les autres… Toujours les mêmes personnes, à cela s’ajouta son jeune nourrisson, perdu à Vendôme, et sa petite Amandine…

Elle serrait tellement fort le tissu de sa robe, qu’elle ne se rendit même pas compte que ses ongles penetraient la chair des paumes de ses mains.

Vague de douleur morale qui la submergeait soudain, elle avait lutté contre cela, souhaitant être forte à chaque fois, souhaitant repartir de l’avant.

Pourquoi la mort touchait elle de son fléau tant de monde ? Au premier rang, elle voit la veuve, la duchesse Izarra, à ses côtés sa famille, accablée par le chagrin, la tristesse…

La normande ferme les yeux un instant, des larmes perlent sur ses joues…
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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 11:17

Seul, il se sentait seul, égoïstement seul dans sa douleur. Un frère lui était enlevé, un de plus, et lui ne pouvait rien faire d'autre que de venir dire sa peine à ses proches. Tout dans la chapelle lui rappelait Kratos... car c'est ainsi qu'il l'avait toujours appelé, laissant le Raphaël à de très rares occasions. Surnom guerrier, surnom de chevalier, surnom qui leur donnait l'impression d'être surhumains et de ne craindre que le manque de bière dans les caves de Ryes. Mais tel n'était pas le cas, hélas...

Et la présence de Florent de Salignac le ramène des années en arrière... L'époque de la construction de la commanderie de Mons-en-Pevèle, négligée depuis trop longtemps... Décision qui fuse, et qui s'impose à son esprit. Compiègne d'abord, puis Mons, et là, Lui offrir cette commanderie dont il a vu les premières pierres se poser. En faire un pilier sur lequel reposera l'ordre comme Kratos le fut.

Puis regard qui, de là où il est assis, sans avoir fait attention à ses voisins, soeur? frère? ami? connaissance? inconnu, il ne savait et ne cherchait pas à savoir, va se fixer sur l'officiant et en puise le calme auquel il aspire depuis de longues années... Depuis qu'il a quitté sa famille, en quête d'aventure, depuis qu'il a pour la première fois pris l'épée, depuis qu'il a accepté l'écu... Et prière qui monte vers le Très-Haut.
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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 12:55

Morfy presque au garde à vous au fond de la chapelle Saint Louis, restait immobile comme muré dans une léthargie profonde. Du coin de l'oeil il avisait les dernières personnes qui se pressaient tristement pour accompagner le commandeur dans sa dernière chevauchée. Le Varenne aurait tout donné pour apaiser la douleur des proches de son ami mais la vie n'a pas de prix, cette journée en était la preuve irréfutable.

Un damoiseau passe, il semble retenir les larmes tant qu'il peut, il avance les yeux clos... ses traits sont déformées par la tristesse mais comment se méprendre, le portrait de son père... pauvre petit homme si jeune et déjà meurtri, si jeune et déjà investi de la mission de son père, puisse t'il en supporter le poids sur ses frêles épaules.

Puis passe le Grand Maistre tout aussi abattu que l'assemblée réunie en ce lieu de recueillement, Nith suit peu après alors que le cousin de Kratos, Darkam, débute à peine la cérémonie. Silencieux le cavalier trouve rapidement une place dans une des rangées du fond.


"Prions ensemble" résonne dans le lieu baigné d'un silence de mort de circonstance, et qu'aucun n'a la force ni l'envie de briser autrement que pour reprendre la litanie du prêtre.

Morfy se joint à la voix unique qui s'élève pour implorer le très haut de prendre soin du défunt.


Citation :
Après tous nos regards qui ont croisé le sien, qu’il puisse enfin voir le tien, Ô Très-Haut.
Dieu, ne détourne pas ton regard de notre ami.
Après l’amitié qu’il a reçue et qui a guidé sa vie, accorde-lui l’amitié ultime qu’est la tienne, toi Notre créateur.
Dieu, ne détourne pas ton regard de notre ami.
Après les peines et les larmes qui ont obscurci sa vie, illumine sa route pour l’éternité.
Dieu, ne détourne pas ton regard de notre ami.
Dieu, nous tournons vers toi nos espoirs à l’heure où disparaît le corps de l’ami qui nous est cher.
Accorde-nous l’espérance de le revoir auprès de toi pour les siècles des siècles.

AMEN

Un signe du Père Darkam, en direction du fond est perçu par Domfront malgré son recueillement, un coup d'oeil à droite... le signe n'est pas pour lui mais pour l'autre officiant qui se tient lui aussi près de la porte.

Les voix se taisent, laissant place à un silence pesant...
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Gregory de festigny

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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 12:58

L'Evêque de Cahors était présent dans la chapelle, comme tous, en recueillement en mémoire au défunt... Il n'était pas là au nom de sa charge épiscopale mais bien en ami, en invité, venant soutenir la Dame du Chateau, la Bienfaitrice Izarra.

Dépéchés de tout le Royaume, les proches de la famille présentaient par leur présence, par leurs prières, un dernier hommage... simple et humble... profond et silencieux...
Lorsque Dame Izarra prit place sur le premier banc, proche de l'autel, il lui adressa un sourire amical et franc. Il aurait aimé lui transmettre toute la force de sa gratitude en cet instant. A elle qui avait tant fait pour les autres, pas seulement pour la diffusion de la Foi, mais simplement en tant que Dame au Grand Coeur du Royaume.

Le Chapelain de Saint Louis, le Chevalier-Diacre Darkam, officiait pour cette cérémonie, pour cet ultime sacrement qui mènerait Messire Kratos vers le paradis Solaire aux cotés du Très-Haut.

La pière fut partagée de tous. L'émotion de cette perte se faisant ressentir par delà la Chapelle, par delà les visages. Aussi les prieurs sur chacun des bancs témoignaient de l'Amitié et du Respect que tous ressentaient.
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Cerridween

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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 13:27

Elle s'est arrêtée devant la porte...
Interdite et sans vie... Le cœur serré, déchiré... elle doit rester là... elle ne sait si elle sera capable d'entrée dans ce lieu, plein de recueillement, de souvenirs et de peine.

Le cercueil a été installé par les gens de la mesnie De Vergy/D'harlegnan devant la porte de la chapelle. Cerridween regarde cette boite de bois avec douleur en se tordant les mains... entre ces planches, sous ce toit de pin, repose celui qui a compté le plus pour elle en ce monde. Mince demeure pour un grand homme... le voir ? elle a déjà son image imprimé devant les yeux et dans ses souvenirs... elle ne veut pas l'image d'un cadavre pour son frère. Elle veut celle de ses rires, de ses yeux frondeurs, de sa haute stature, de sa superbe lorsqu'il montait ce shire sur lequel maintenant elle voyagera...


Rendez le moi...

Elle sent son cœur éclater en mille morceaux, la boule dans sa gorge qui retient ses pleurs depuis le matin prête à l'étouffer... il n'y a nul miracle à attendre, nulle prière assez forte, même la sienne, même celle de sa suzeraine, même celle de tous ses frères et soeurs réunis pour le ramener à la vie. Elle aimerait crier à sa peine, d'un long cri déchirant, rageur et désespéré, écho de celui qui résonne encore dans les forêts qui ont vu sa mort... Elle s'incruste ses ongles dans la paume de la main, jusqu'au sang... Tenir encore... si possible longtemps.... tant qu'ils sont tous là....

Une prière monte de la chapelle, voix unique et supplique pour celui qui est mort.... La cérémonie commence...
Ravalant ses larmes, Cerridween se poste devant le cercueil... elle ne le portera pas... mais marchera devant guidant ses frères...

Raphaël, Raphaël... donne moi la force de ne pas tomber...

_________________
Cerridween de Vergy
Pivoine, le rouge vous va si bien...
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darkam



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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 13:33

Le chapelain, constatant que tous désormais semblaient avoir gagné la chapelle, fit un signe plus appuyé en direction de l'entrée.

Mes frères, mes soeurs, que ceux d'entre vous qui en ont la volonté et la force portent à présent le cercueil du disparu jusqu'au choeur...
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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 16:01

Zalina ne relève pas la tête en entendant les premiers mots de l’office. Elle écoutait, mais sans être réellement là. Perdue, elle était trop en colère pour se concentrer sur la cérémonie.
En colère contre cet Aristote qui prenait ses Frères et amis au lieu de la prendre elle, en colère contre ces brigands qui avaient tués son Frère, en colère contre tous ces abrutis qui ne pensent qu’à eux… mais surtout en colère contre elle. Jamais elle n’aurait dut accepter de passer Cavalière. Elle le savait pourtant, elle l’avait toujours su. Jamais elle n’aurait dut.

La cérémonie commençait, la prière était reprise par plusieurs. Mais la Petite Peste ne desserra pas les dents. Si elle relâchait la pression de ses mâchoires sur sa langue, elle ne pourrait retenir ses larmes. Et elle ne pleurerait plus. Cela ne les ramène jamais. C’était donc inutile. La prière ne fut dite que mentalement.

Le Chapelain poursuivit en demandant aux porteurs d’amener le Commandeur. Zalina finit par lever les yeux et tourna la tête vers l’entrée. Elle en profita pour voir qui était arrivé après elle.
Un petit Homme, surement le petit Guilhem, plus si petit que cela, dont la Peste avait déjà tant entendu parler.
Toucoul… sans bouteille. Mais aujourd’hui c’était la dernière des préoccupations de la jeune fille. Elle ne lui reprocherait ni manque de chanson, ni manque de bouteille.
Des Licorneux retardataires... et Maistre Guillaume. La vue de son Maistre calma en partie la colère de la Cavalière qui put prêter plus d’attention à la suite de la cérémonie.
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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 16:25

La prière avait été dite et avec elle bien des choses promises par le Flamand. L'aide à une famille, la promesse d'un travail poursuivi, le souvenir qui ne s'effacera jamais, moult et moult choses que seuls deux vieux chevaliers pouvaient se dire et se confier, entre les fentes de leurs bassinets, dans les couloirs du Haut-Conseil, dans leurs chambres ou au pied de murailles que l'on s'apprêtait à escalader sans savoir ce que l'on trouverait derrière. Et toujours, en ces circonstances, le même visage se rappelait à lui, sévère, marqué par les épreuves. Puis qui tout à coup s'illuminait et révélait une bonhommie insoupçonnée. Mais aujourd'hui, ce visage n'était plus visible de personne, enfoui sous un cercueil dont parlait le chapelain rencontré loin, au nord, il y a longtemps...

Guillaume se lève donc, et rejoint ceux qui, dernier présent à leur ami, conduiront sa dépouille sous le regard de tous ceux qui pleurent aujourd'hui un ami, un frère, un père, un frère, un époux...
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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 17:54

Totox etait arrivé juste a temps pour le debut de la priere. Il s'assit aux cotes de Nith qui etait arrivé au meme moment. Le pretre commenca . Le Chevalier , ecoutait d'une oreille distraite. Ne preferant pas trop se concentrer sur les paroles qui lui seraient trop difficiles a entendre. Le souvenir de l'enterrement de sa douce . Enterrement pour lequel il n'avait pas trouvé de curé. Etait encore bien trop present en son coeur. Raison pour laquelle il voulait apporter un maximum de soutien a ses amies Izara et Cerridween.
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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 18:12

La cérémonie avait commencé et les derniers retardaires étaient enfin entrés dans la petite chapelle. Le chapelain avait trouvé de bons mots et le normand avait repris la prière... chose assez rare chez lui pour le souligner. Dire qu'il n'était pas fervent croyant était un euphémisme...une éducation normande n'y était pas pour rien.

Néanmoins, il y avait des fois où il sentait le besoin de s'adresser au dessus de lui et dans ces moments là, il redevenait un croyant comme les autres. Hors en ce jour où l'on pleurait un frère disparu, le besoin était là...

Il est demandé à ceux qui ont la force et la volonté de porter le cercueil du Lieutenant-Commandeur. La force, le baron ne l'avait surement pas à cause de sa jambe mais la volonté était là et il ne voulait pas se dépareiller de ses frères. Caturix se leva donc à son tour et en boitant, rejoignit l'arrière de la chapelle pour rejoindre Morfalas et le Grand Maistre qui s'étaient déjà approchés du cercueil....

....Tout ce que l'errant espérait, c'était que sa jambe ne le trahisse pas trop pendant qu'il porterait le cercueil car il ne supporterai certainement pas d'avoir failli à ce moment solennel....
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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 18:20

Envahi par une douce torpeur salvatrice, Enguerrand ne suivait le déroulement de la cérémonie que d'un air perdu, absent.
La douleur refluait sous l'effet bienfaiteur des herbes médicinales et déjà, les premières visions faisaient leur apparition, transformant les êtres et les lieux au gré du vagabondage de son esprit.

Couleurs aux tons variables, décors mouvant, sons soudainement assourdis, et l'instant d'après montant à la limite du supportable, détails apparaissant brusquement, prenant une ampleur démesurée pour disparaitre l'instant d'après.

Cette explosion sensitive avait pour seul but, unique et ultime, d'occuper son esprit, l'empêchant de ressentir la souffrance de son corps.
Il connaissait pareille sensation, pour avoir du déjà, à plusieurs reprises, prendre de ces plantes salvatrices.
Il savait aussi que bientôt leur effet disparaitrait, faisant revenir telle une vague monstrueuse cette douleur démesurée.
Il savait qu'à ce moment là, la chute serait terrible, laissant son corps fragilisé, seul face à l'assaut de ses soufrances.
Mais pour l'instant, il ne voulait penser à ce moment futur.
Faire se prolonger aussi longtemps que possible ces sensations artificielles.

La cérémonie.
Elle venait apparemment de commencer.
Silence. Bruissements d"étoffes. Tout du moins, c'est ce qu'il imaginait.
Malgré ce bien être artificiel qu'il ressentirait encore pour quelques temps, il savait que de l'extérieur son visage resterait fermé, traits tirés. Tout juste son regard, moins vif qu'à l'habitude, pourrait trahir l'état dans lequel il se trouvait actuellement.

Encore quelques instants.
Quelques secondes...
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Lysesl

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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 18:32

La cérémonie était commencée.
La chapelle était remplie de gens qui venaient rendre un dernier hommage à un si grand homme et en même temps apporter un peu de réconfort à la famille. Le sentiment de tristesse pouvait se lire sur chacun des visages.

Lys répéta la prière que venait de prononcer l'officiant.

Citation :
Après tous nos regards qui ont croisé le sien, qu’il puisse enfin voir le tien, Ô Très-Haut.
Dieu, ne détourne pas ton regard de notre ami.
Après l’amitié qu’il a reçue et qui a guidé sa vie, accorde-lui l’amitié ultime qu’est la tienne, toi Notre créateur.
Dieu, ne détourne pas ton regard de notre ami.
Après les peines et les larmes qui ont obscurci sa vie, illumine sa route pour l’éternité.
Dieu, ne détourne pas ton regard de notre ami.
Dieu, nous tournons vers toi nos espoirs à l’heure où disparaît le corps de l’ami qui nous est cher.
Accorde-nous l’espérance de le revoir auprès de toi pour les siècles des siècles.

AMEN

Elle la prononça non seulement pour Kratos mais pour tous ces êtres tant aimés qui étaient partis trop brusquement.
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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 19:15

Ordre est donné par Darkam de faire avancer le cerceuil, Morfy hésite quelques instants, il se sent fébrile à l'idée de conduire jusqu'à l'hôtel la dépouille de son ami. Il a le coeur lourd, si lourd, le jeune Duc en serait presque malade. Mais déjà le Grand Maistre Guillaume et Caturix pourtant encore marqué par la blessure contracté à Vendôme se sont extrait des rangs et se dirigent vers la "vulguraire" caisse en bois... Vulgaire aux yeux de Morfalas, car rien ne pourrait être à la hauteur de son ami, malgré la qualité de l'ouvrage et les heures passées par le menuisier pour offrir un magnifique repos à Raphaël, Varenne ne pouvait pas s'en émouvoir. Trop d'émotions déjà, et toutes convergent en un seul point... son ami et sa famille...

C'est d'ailleurs tête basse que le blond sort de la chapelle pour se placer à l'arrière du cercueil, il ne veut pas infliger à sa douce Cerridween un autre regard où elle pourrait lire la peine et le chagrin qui la submerge déjà bien assez. Elle va devoir mener le cortège jusqu'au coeur de l'édifice, épreuve au combien difficile... il souffle un murmure inaudible si ce n'est pour le Très Haut.


"sois courageuse ma belle... encore une fois..."

Droit comme un manche de pique, Morfalas attend le moment de lever le cercueil, puisse cette attente ne pas être trop longue, il a le coeur lourd, si lourd ... au mon Dieu ... pourquoi est ce ainsi ?
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Guilhem

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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 19:35

Le souffle toujours aussi court, sa sœur l'avait rejoint...Une simple phrase prononcer presque inaudiblement...les mains de l'enfant se crispèrent,Comment avoir du courage devant une telle scène...Le cercueil de son père droit devant lui...Il ne l'avais pas remarqué jusque là, mais la foule s'était écartée en voyant entrer le Diacre familial...Une boite en bois où reposerait son père pour toujours...Une nouvelle vague d'émotion se rependit en lui...Il détourna vivement les yeux de là...Préférant regarder droit dans les yeux Aélis...De ces yeux toujours aussi emplit de larmes qu'il ne voulais laisser échapper... Etre fort, rester silencieux... Ne pas trahir ses faiblesses...

Attrapant la main de la jeune fille, il prit la direction de sa mère...Ne lui adressant aucun regard, non point parce qu'il lui reprochait quelque chose, mais simplement parce que comme elle, il ne voulais lui montrer sa tristesse... Garder tout en soi , ne rien montrer d'autre qu'un visage impassible...

Le diacre débuta la cérémonie, prière en faveur du défunt...Mais l'enfant ne pouvais prononcer cette prière, les mots ne voulant pas sortir de sa gorge serrée...Puis l'appel aux porteurs du cercueil... Là aussi il aurait voulu en faire partit, mais il ne le pouvais pas...Trop jeune aurait dit sa mère...Des mots qu'avait déjà prononcé le Dragon lors de l'habillage...Mais qu'à cela ne tienne, si il ne pouvais pas porter son père...Soit il lu ouvrirais la marche, soit il la fermerait...Ne jamais se trouver au milieu d'un groupe lui disais son père...Là n'était pas la place d'un chevalier digne de ce nom...Il fallait être devant pour ouvrir la marche et avertir du danger, ou bien derrière pour protéger les arrières... Même si ce cortège n'avait rien de militaire, il voulais suivre ce précepte...Tel le chevalier qu'il voulais devenir...La ressemblance avec son père, et le clan de Vergy se faisait de plus en plus... Mais lui ne s'en rendait pas encore compte...

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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 21:43

Arrivé avec Cerridween à l'entrée de la chapelle, Benjamin était l'un des derniers retardataires. Imprévus et incapacités faisaient qu'il ne pouvait rarement être en temps et en heure à un lieu donné ; cela se vérifiait, une nouvelle fois, et pas à la meilleure occasion qui soit. L'enterrement de Raphaël de Vergy. Un lieutenant commandeur que Benjamin n'avait que croisé, un homme qu'il n'avait jamais rencontré... Il éprouvait un certain regret de n'avoir pu rencontrer à temps l'une de ces illustres figures de l'ordre de la Licorne, se disant qu'il fallait qu'il profite des dernières d'entre elles, avant que quelque chose ne leur arrivât, comme il était arrivé malheur à toutes les autres. Car oui, moult malheurs arrivaient, en ces temps troublés. Et celui qui emplissait tous les esprits en ce funeste jour était le décès du surnommé Kratos, survenu récemment. Cete mort émouvait ses proches, parents, et frères de la Licorne... Dont Benjamin, d'où sa présence en cette chapelle, auprès de Cerridween, et des autres, au moment où la cérémonie commençait. Ce fut le chapelain Darkam qui officia ; Benjamin le connaissait, principalement de vue. Une pensée effleura un court temps Benjamin : ce prêtre était héraut de Guyenne, et ils devraient discuter un jour ensemble d'un traité frontalier... Mais il ne put y penser davantage ; l'heure n'était pas au travail, mais au recueillement.

L'on appela ceux qui se sentaient la volonté et la force de porter le cercueil. Le frère Morfalas, et le Grand Maistre s'étaient levés ; suivis par l'errant Caturix, avec qui Benjamin rejoindrait sans doute Compiègne ensuite. Il était partagé. Partagé entre le souhait de porter un grand homme reposant à jamais, entre le respect de personnes plus proches du défunt qui pourraient souhaiter porter la bière, ce qui le retenait de faire le peu de pas qu'il lui fallait pour rejoindre les trois frères déjà réunis (le vicomte était en effet resté vers l'arrière de la chapelle, car étant arrivé en retard). Finalement, songeant qu'il y aurait de la place pour deux personnes supplémentaires si elles le désiraient, le héraut s'avança vers ses frères ; il se plaça au niveau du dernier quart qui n'était pas encore garni d'un Licorne ; heureusement, ce quart reposerait sur l'épaule droite de l'écuyer - la gauche avait été déboîtée, puis reboîtée, à Vendôme.
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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 21:49

L'Errant s'était installé parmis les premiers. Il avait communié avec le Chapelain de Beaumont. Il n'avait pas grandement compris ce qui s'était dit. En fait il n'y avait pas porté attention.

Il préférait le ton de la voix au sens sibyllin des paroles.... Il supposait aussi que c'en était de même pour le défunt...

Enfin!


-Amen. ponctua t il.

A la demande du Chapelain il se leva. Il avait été sollicité pour avoir l'honneur de porter la dépouille du Commandeur. Ses pas claquant sur le dallage il se dirigea vers le parvis.

Quelque part c'était ironique... le Commandeur n'aurait jamais supporté qu'on le porte, même agonisant... alors que maintenant... *Franchement, Commandeur, vous devez bien rire là haut...*.

Pour les gens de guerre, la mort est une amie... un peu comme un grand portail qui vous ramène chez vous. La mort vous la cotoyez tout les jours alors a force vous discuter en passant avec elle, des fois elle s'attarde, dès fois vous vous attardez... Ca n'est pas une inconnue. Elle vous invite a vous reposer pour l'éternité... Finalement c'était ca le but de la vie du guerrier... mourrir vite et bien pour avoir le repos bien mérité et chasser les horreurs de la vie et se réjouir du monde des morts... Ca ne devait pas être si terrible...

Enfin il avanca jusqu'au cercueil... Guillaume, Caturix, Benjamin et Morfalas s'étaient rejoins.... Meme a cinq, le bougre pèserait son poids!


Dernière édition par Bellabre le Jeu 6 Mar 2008 - 22:20, édité 1 fois
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Aélis Amandine

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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 21:57

Aélis reçut le regard de son frère comme on reçoit un coup en plein estomac: de ces chocs qui vous coupent la respiration par leur intensité. Maudissant tout ensemble le destin qui leur avait volé leur père, son impuissance à soulager la peine de son petit frère, et cette foutue incapacité familiale à partager un chagrin.... Ah pour sûr, on ne se lamentait guère en famille chez les de Vergy... Chacun portait sa croix en silence, trop fier et têtu pour quérir du réconfort...Elle la première d'ailleurs...

Réprimant soupir et larmes, elle serra la main de Guilhem et l'entraîna, doucement mais fermement, vers l'entrée de la chapelle. Ils dépassèrent silencieusement leur tante et les frères d'armes qui s'étaient portés volontaires pour amener le cercueil, et se placèrent derrière la maudite boîte qui contenait les restes de leur père. Ouverte par leur tante, la marche serait donc fermée par eux, et la famille se ressouderait dans le choeur en rejoignant leur mère.

Serrant un peu plus encore la main du jeune garçon, elle regardait fixement le caisson. Dérisoire.... Une si petite boîte... Pour un père qui lui avait toujours fait l'effet d'un géant... Ressurgie de sa mémoire se grava dans son esprit l'image de père, campé droit sur ses deux jambes dans le cour du château, comme à chaque fois qu'il y revenait... La dominant de toute sa hauteur et cependant le regard aimant posé sur elle tandis qu'elle courait vers lui en lui hurlant les dernières nouvelles de la famille, poursuivie par Guilhem qui n'entendait pas se laisser distancer...

Elle aurait donné cher en cet instant, pour revivre pareil moment...
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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 23:05

Voyant ses freres se placer autour du cerceuil , Totox sortit un peu de son etat de semi-inconscience. Il lui falut peu de temps pour comprendre.

*Arf ils sont 5 pour porter le cerceuil. On va quand meme pas demander a la rousse de faire ca ?*

C'est la qu'il se souvint des paroles de Cerridween a son arrivée. Il se leva rapidement et se dirigea d'un pas solennel vers le cerceuil afin de rejoindre ses freres d'armes. Avancant en fixant son but , afin d'eviter les regards trops tristes. Il passa a coté de la rousse et se placa aupres de Guillaume , Caturix, Morfalas , Benjamin et Alcalnn.
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Cerridween

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MessageSujet: Re: Funérailles   Jeu 6 Mar 2008 - 23:37

Ses frères se lèvent…
Un à un, en silence, ils rejoignent le cercueil et s’y placent… Petit mot de Varenne quand il passe à sa hauteur…

Sois courageuse ma belle... encore une fois...

Frôlement de tissu lorsqu’il la dépasse… la rousse essaie de rassembler ses forces. Le courage ? Est-ce vraiment encore le courage qui la tient… peut-être une dernière lueur, mais jusqu’à quand. Elle sent ses forces vacillées d’heure en heure, le deuil et la douleur mangeant peu à peu ses ressources déjà si faible. Ne pas tomber… ne pas faillir… elle l’a fait une fois. En ce jour, elle ne doit pas, elle ne veut pas… elle se promet que jamais elle ne laissera tuer un être aimé. Dusse-t-elle ne pas dormir, s’entraîner à s’en évanouir de fatigue et multiplier les escortes… ne plus jamais faillir. Ne plus jamais ressentir cette douleur et ne plus verser ces larmes… ou alors mourir en même temps que les chagrins.

Ils sont tous là… placés de part et d’autres de cette boite funèbre. Guillaume, Caturix malgré sa jambe, Varenne qui essaie du regard de la rassurer, Benjamin compagnon de duel, Bellabre et sa stature et Totox qui en dernier lieu prend place à l’arrière du cercueil à senestre.
Près d’elle des pas… Aélis et Guilhem. Le futur qui s’en va fermer la marche… les yeux ceints de larmes et les visages durs. De Vergy déjà, jusqu’au bout des yeux et des ongles.

Tu en serais si fier en ce jour, mon frère… Si fier et si inquiet… telle que je suis aujourd’hui… Puisses-tu veiller à ce que je les sauve eux de leurs tourments…

Tous les regards de ses frères convergent vers elle. Avec lenteur elle fait un signe de tête… Le cercueil monte sur les épaules des licorneux qui lui font face. Maintenant se retourner… regarder l’autel et Darkam qui officie... ne pas chuter… ne pas pleurer… avancer dignement.
Le premier pas est une torture… le deuxième le suit péniblement. Peu à peu, la rousse fait son chemin de croix… pas après pas elle s’approche de l’autel.

Derrière elle, ses frères avancent lentement sous le poids du cercueil et du deuil. Peu à peu à ses yeux se dévoile près de l’autel, au pied de Darkam, simple dalle déplacée, le caveau ouvert, bouche sombre qui attend d’engloutir à jamais le corps de Raphaël… Cerridween ferme les yeux. Elle se mord les joues encore une fois jusqu’au sang.

Ne pas en vouloir ni à la terre ni à Dieu… finir son devoir… ne pas faillir… pour Raphaël…
Litanie qui se ressasse l’Errante encore et encore, comme un pénitent…

La rousse traverse la nef comme dans un rêve...Arrivée devant le caveau, la rousse se retourne. Ne pas regarder plus longtemps les entrailles de la terre de peur de vouloir y plonger. D'un signe de tête encore, elle demande à ses frères de poser le cercueil. Ceux-ci s'exécutent en silence et regagnent les bancs... restent debout Guilhem et Aélis... la rousse s'approche des deux enfants...
Pas un mot... elle ne peut... et ils seraient illusoires... doucement elle pose la main sur l'épaule d'Aélis et prend la main de Guilhem... elle les mène doucement vers un banc pour qu'ils s'assoient et face front pour la suite de la cérémonie...

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Cerridween de Vergy
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darkam



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MessageSujet: Re: Funérailles   Ven 7 Mar 2008 - 0:13

Regard triste vers le cercueil, comme si la réalité de ce décès ne le frappait réellement que maintenant. Il lui faut faire effort pour poursuivre la cérémonie.

Mes soeurs, mes frères, nous sommes ici ce jour pour entourer de notre amitié une famille qui est dans la peine. C'est aussi pour nous rappeler que Dieu se souvient de tout ce qu'il y a eu de bien dans la vie de notre frère et lui demander de lui faire bon accueil.

Que ces quelques signes l'accompagnent dans son dernier voyage:

Le signe de la lumière:

Aélis et Guilhem, soudés l'un à l'autre encore une fois, s'approchent en silence et allument l'un après l'autre les cierges situés autour du cercueil tandis que Florent poursuit la litanie:

L’Amitié est la lumière du monde c’est la flamme qui réchauffe notre cœur.
La flamme que nous allumons ici symbolise notre volonté de voir notre frère Raphaël rejoindre le soleil pour nous y attendre auprès du Très-Haut et de tout les saints .

Le signe de la foi

Pâle, trop pâle, secouée de sanglots retenus, c'est à présent la veuve qui s'avance et dépose sur le cercueil une croix aristotélicienne richement ciselée. Et la voix de Florent, encore une fois, l'accompagne:

Raphaël, nous déposons cette croix aristotélicienne sur ton cercueil.
Cette croix est le signe qui relie Aristote et le Christ, qu'elle soit pour toi signe de salut et de vie éternelle.

Le signe de la mémoire
Cet enterrement nous rappelle le souvenir d'un Ami aristotélicien qui vient de nous quitter. D'un homme qui avait une histoire, unique, avec Dieu. Qui était entouré de tendresse par Dieu. Qui a fait, ou non, l'expérience de cette tendresse.
Nous voici nombreux dans cette chapelle, autour de Raphaël pour prendre conscience de ce lien d'amour qui l'a toujours uni à Dieu, qui unit Dieu à chacun de nous, à tout instant.
- La mort viendra pour chacun de nous. pour les uns tôt, pour les autres plus tard. Pour les uns dans leur jeunesse, pour d'autres dans leur vieillesse.
Le Seigneur nous prévient : "Soyez prêts, soyez toujours prêts car vous ne savez ni le jour ni l'heure".
Aristote nous a guidé et Christos nous invite à prendre exemple sur lui, à trouver notre joie à vivre pour les autres, à aimer comme ils nous ont aimés.
Notre présence ici est prière. Nous invoquons Aristote qu’il mesure les péchés de notre frère et que Christos intercède auprès du seigneur pour qu’il le reçoive en son Paradis.

Laissons maintenant ceux qui l’on connu parler de lui.

Le chapelain s'accoisse, et laisse maintenant s'avancer ceux qui souhaitent intervenir pour rendre un dernier hommage à Kratos.
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Aélis Amandine

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MessageSujet: Re: Funérailles   Ven 7 Mar 2008 - 14:14

Voyant que nul encore n'osait se lever et prendre la parole, Aélis jeta un oeil à sa mère... Et en conclut rapidement que celle-ci n'était pas en état de dire le moindre mot: tremblante, les yeux remplis de larmes qu'elle tentait encore, malgré tout, de retenir, Izarra semblait soudain vulnérable et sans force.

Et Aélis eut l'impression, presque physique, d'être soudain entrée de plain pied dans le monde des adultes. Voir sa mère vaciller ainsi l'effrayait car cela signifiait que c'était aujourd'hui à elle de soutenir sa famille, et surtout celle qui l'avait choyée et protégée depuis sa naissance.

D'un pas hésitant, elle se leva et s'approcha une nouvelle fois du cercueil, évitant toutefois d'y attarder son regard par crainte de perdre son courage. Fixant obstinément le vitrail situé au-dessus de l'entrée de la chapelle, elle prit la parole d'une voix que l'émotion rendait tremblante, choisissant ses mots avec soin.


Je ne suis peut être pas la mieux placée pour prendre aujourd'hui la parole, et certains voyant mon jeune âge se demanderont sans doute quels souvenirs je peux bien avoir de mon père. Oh certes, je ne pourrais pas parler du grand chevalier qu'il a sans doute été, de son courage au combat ou de ses autres qualités d'homme "public" dont je suis sûre cependant qu'elles étaient nombreuses.

Pour moi, ce rude chevalier, cet homme de guerre que d'aucuns disent froid et impitoyable, fut avant tout un homme bon et aimant. Qui n'a pas hésité à recueillir la... la bâtarde de son épouse, à l'accepter sous son toit. Bien plus, il a été jusqu'à l'adopter et l'anoblir. Jamais cet homme soi-disant insensible ne m'a traité autrement que comme sa fille. Et par-dela la douleur de l'avoir perdu, me reste également l'immense regret de n'avoir pas pu lui dire et lui redire, encore et encore, à quel point je lui en étais reconnaissante.

Je me suis promis, le jour où père me donna la terre de Beaulieu, de toujours me comporter de façon à ce qu'il n'ait jamais à regretter ce geste ou à rougir de moi. Il ne sera plus là hélas, pour le constater, mais je tiendrai ce serment en mémoire de l'homme merveilleux qu'il a été.

Elle aurait voulu continuer, continuer sans fin comme si parler de lui pouvait le maintenir encore comme près d'eux. Mais l'émotion qu'elle tentait de contenir la submergea et elle redevint brusquement ce qu'elle était encore au fond: une petite fille à qui le destin avait arraché son père. Un long sanglot étouffa sa voix et elle fondit en larmes.
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MessageSujet: Re: Funérailles   Ven 7 Mar 2008 - 15:19

Le cercueil se lève puis avance doucement vers Florent.
Zalina se lève à leur passage. Elle n’a pas pu porter son Commandeur, trop "fille" pour le faire. Une caractéristique qui avait inspirée de la méfiance dans les capacités de la jeune fille au Commandeur Kratos. Jusqu’à ce qu’elle lui prouve qu’elle était plus une Peste qu’une fille. Elle n’avait pas eu le temps de lui prouver qu’elle savait aussi être une bonne guerrière en le battant l’arme à la main. Elle n’aura désormais plus l’occasion de lui prouver…

La Gamine essuya rapidement une larme qui avait réussie à trouver le chemin de ses yeux.
Elle attendit que ses Frères soient revenus à leur place pour se rassoir et suivit la suite de la cérémonie.

Le Seigneur nous prévient : "Soyez prêts, soyez toujours prêts car vous ne savez ni le jour ni l'heure".

Zalina ne put s’empécher de rajouter pour elle quelques mots. "Soyez prêts et patients. Je me trompe souvent de personne".
Pensées qu’elle à conscience n’avoir pas le droit d’avoir. Mais pensées qu’elle n’a put retenir.
Voilà presque 19 ans qu’elle était prête et n’attendait que ce jour. Jour qui n’arrivait toujours pas, malgré ses demandes. Ce sont ses amis qui partaient, pas elle.
La suite détourna ses idées.

Laissons maintenant ceux qui l’on connu parler de lui.

Oh non… pas çà…
Elle sert encore d’avantage les mâchoires et ferme les yeux. Ne pas pleurer… Ne pas pleurer… Pas une seule larme. Pas aujourd’hui, ni plus jamais.

Aélis se leva et commença. Il ne fallut que quelques phrases pour que les premières larmes déferlent sur les joues de la Cavalière. Un nouveau revers de la main pour les effacer avant qu’elles n’atteignent le bord du visage. Non, je ne pleurerai pas !!
Son regard se fit plus dure et son souffle plus court. Les larmes s’arrêtèrent enfin.
En voyant la damoiselle de Beaulieu fondre en larmes, Zalina se leva. Elle avait envie de se précipiter pour la réconforter. Mais elle n’était pas de la famille. Les deux jeunes filles ne se connaissaient pas. La Petite Peste Licorneuse se ravisa et se rassit, les poings serrés maintenant autant que les mâchoires sur sa langue.
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Cerridween

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MessageSujet: Re: Funérailles   Ven 7 Mar 2008 - 17:21

Cerridween baissa la tête... Aélis avait un courage qu'elle ne pourrait pas avoir... Les mots, elle savait, ne sauraient refleter ce qu'il était pour elle...

Elle avait perdu un soleil… un astre essentiel à toute vie. Son frère, son ami, son Maistre, son suzerain… Celui qui régissait sa vie, comme il régit toute chose sur terre, qui rythmait ses jours, dont les absences ternissait les matins, dont la présence faisait briller ses prunelles sinople et faisait grandir les sourires sur ses lèvres, dont la proximité lui réchauffait le cœur comme un rayon d’été. Elle avait perdu Raphaël, dict Kratos, le puissant, Raphaël aux poings serrés aussi durs que des masses d’armes, Raphaël aux yeux d’acier qui faisait tomber les ennemis d’un roulement de regard, Raphaël aux larges épaules et à la stature de géant, mais Kratos au coeur d’or sous son armure d’acier trempé, Kratos aux yeux bienveillants qui l’avait toujours entouré d’autant d’amour et d’affection que de taquineries et remontrances rieuses…

Celui qui l’avait fait naître à sa vie d’alors, celui qui l’avait retrouvée, celui qui l’avait grandi, celui à qui elle avait promis sa vie comme vassale et écuyère, celui qu’elle avait servi, celui qu’elle avait suivi, comme une ombre, depuis les murs rouges du joyau du Languedoc jusqu’aux murailles de Montmirail, par tout temps et en tout lieux, fidèle jusqu’au seuil de la mort qui n’avait pas voulu d’elle… celui qui peuplait la plupart de ses souvenirs, dont chaque lieu qu’elle chérissait, Carcassone, Beaumont, Léard, Bazas ou Ryes, résonnaient encore des échos tonitruants de sa voix…

Comment expliquer ce qu’est une vie sans astre du jour… un gouffre, une absence oppressante, un néant ? Aucun mot ne pouvait expliquer le trou béant qui occupait la poitrine de la rousse ni la douleur qui la tenaillait et lui vrillait ce qui lui restait de coeur, aucun vêtement ne serait assez noir pour marquer son deuil et expliquer l’absence, aucun monument ne serait assez grand ou fastueux pour reproduire l’amour qu’elle avait pour ce grand homme… Le silence avait remplacé le soleil, qui jamais plus ne se lèverait…

La rousse reste assise, les yeux rivés sur le sol... pétrifiée...

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Dernière édition par Cerridween le Ven 7 Mar 2008 - 17:46, édité 1 fois
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